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Les produits de grande consommation, l’arme anti-crise du lait de l’Unell

En 2025, le groupe Lactalis a collecté 4,85 milliards de litres, soit 2 % de moins que 2024.

Active en février pour soutenir Lactalis durant ses négociations avec les centrales européennes de distribution, l’association d’OP Unell espère un renvoi d’ascenseur. Pour résister à la baisse du prix du lait, l’augmentation de la part des produits de grande consommation (PGC France) dans le mix-produit du groupe en fait partie.

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La relation entre les producteurs et Lactalis nous a habitués à un « David contre Goliath ». En février, durant les négociations du lavallois avec les centrales d’achats européennes pour les tarifs français 2026 de ses marques, c’était plutôt « David avec Goliath. » L’association d’OP Unell est montée au créneau pour expliquer, en particulier à Everest — qui regroupe des distributeurs européens dont les français Auchan, Intermarché, Casino — que la pression à la baisse qu’elle exerce sur les prix et les volumes de commandes réduira la part des PGC France dans le mix-produit de Lactalis. « C’est tout le contraire que nous voulons. L’objectif est de l’augmenter », affirme Delphine Macé, la nouvelle présidente de l’Unell. Les PGC France représentent aujourd’hui 50 % du mix-produit de Lactalis France. Les 50 % restants sont composés à 20 % des PGC export et à 30 % des produits industriels. Rappelons que le mix-produit fait partie du support du calcul du prix de base du lait.

Protéger le prix du lait par les PGC

« Nous avons un accord sur les PGC France que Lactalis a respecté en 2025 », poursuit-elle. Il reposait sur une progression de 10 €/1 000 l. « L’année s’est achevée à plus : + 11,35 € pour un peu plus de 466 €/1 000 l. » Pour 2026, le groupe s’engage à maintenir un prix PGC France stable, c’est-à-dire même si les négociations commerciales aboutissaient à une baisse des prix de vente sortie usine. « C’est un engagement fort de Lactalis alors que le contexte économique est tendu, lié à une surproduction laitière », souligne Fabien Choiseau, directeur des approvisionnements en lait de Lactalis France. « Nous remercions l’Unell pour son implication », ajoute-t-il.

Logiquement, l’Unell attend un renvoi d’ascenseur. À commencer par un prix du lait qui ne chute pas comme ailleurs en Europe. Pour l’instant, l’accord sur les prix de février et mars entre l’association d’OP et le mayennais le préserve tout juste au-dessus des 400 €/1 000 l : 409,55 € en février et 403,21 € pour 406,53 € en moyenne sur les deux mois. Mais sans les 3,50 € d’ajustement négociés, le prix de base de mars (non moyennisé) s’élèverait à 399,71 €. À noter que Sodiaal et Eurial viennent d’annoncer 405 € pour mars.

Traduire la rupture des contrats dans le mix-produit

L’Unell attend également que la baisse de collecte consécutive aux ruptures de contrat initiées en septembre 2024 dans l’Est et l’Ouest, mais aussi aux départs volontaires de producteurs vers d’autres laiteries (Novandie et Laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel par exemple), se traduise par une augmentation des PGC France dans le mix-produit. Sept producteurs concernés par les ruptures de contrat n’ont pas encore trouvé de solution.

+ 2 % de collecte depuis janvier

« Le juge de paix sur le mix-produit sera un organisme extérieur qui l’authentifiera courant 2026, répond Fabien Choiseau. En 2025, la collecte de Lactalis a diminué globalement de 2 %. Depuis début janvier, elle augmente de 2 %. » Il pronostique un pic de collecte au printemps moins haut que l’an passé. « Nous ne sommes pas néanmoins dans les clous de notre stratégie sur les volumes. Notre plan est de réduire les volumes, pas d’être à + 2 %. » Il conserve avec les OP son mécanisme de gestion des dépassements, à savoir leur lissage sur deux ans s’ils sont supérieurs à 2 %. « Au-delà, ce lissage ne s’applique pas. Une pénalité de 289 €/1 000 l est appliquée. » En 2025, le groupe a collecté 4,85 milliards de litres.

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